Le pouvoir d’agir selon Véronique Fortin, maman , membre de Parents Espoir
Le 7 juillet 2010, s’entamait pour moi une mesure qui me séparait de l’être que j’aime le plus au monde, ma petite fille de 3 ans. D’après moi, après réflexion, ce fut une énorme motivation pour me reprendre en main. J’ai vraiment réalisé où se trouvaient mes priorités et j’étais très déterminée à retrouver ma belle Emmanuelle près de moi. J’ai décidé de prendre toute l’aide que je pouvais trouver dans ma région pour m’aider, entre autre à augmenter mes habilités personnelles, sociales et parentales. De plus, j’ai travaillé sur mon Trouble de Personnalité Limite (qui est devenu un Trait de Personnalité Limite). Grâce aux professionnels, à ma famille et à mes amies qui m’ont accompagnées dans ce lourd processus .
Le 25 juillet 2011 j’ai retrouvé la garde partagée de mon petit trésor. Malgré cette bonne nouvelle, je n’ai pas fini mon combat. Je dois combattre la fatigue chaque matin pour m’occuper de ma belle princesse. Je dois prendre mes médicaments à chaque jour sans exception. Je dois continuer ma thérapie pour le trouble de personnalité limite et tous mes suivis avec les professionnels.
Je veux offrir une belle vie à ma fille c’est pourquoi, en plus de tous ces efforts, je veux retourner à l’école. Je commence le 3 octobre un programme pour poursuivre mon secondaire dans un groupe de jeunes mères. Mon rêve ultime est de devenir éducatrice spécialisée et de travailler avec les jeunes mères en difficulté. Alors comme vous pouvez le constater, tout est possible avec de la volonté.
L’an dernier je voulais me faire un jardin pour admirer les jolies fleurs qui y pousseraient. Je possédais que très peu de connaissances pour le jardinage, mais j’ai tenté l’expérience, quand même avec beaucoup de volonté. Très peu de gens croyaient à la réussite de mon projet. Mais je n’ai jamais abandonné. J’ai d’abord acheté de nombreuses graines que j’ai plantées avec patience. Par la suite, j’ai entamé des cours sur l’art de jardiner. Puis j’ai arrosé mes semences, tous les jours, sans exception. Un matin je me suis réveillée avec un jardin rempli de magnifiques fleurs. Pour faire ce jardin, il m’a fallu de l’aide, mais c’est moi seule qui s’est occupée de ce petit coin de terre et j’en suis très fière.
L’année passé, j’ai été jetée dans un immense lac, sans la moindre bouée. J’ai calé si profond que j’ai touché le fond. J’ai failli mourir. Mais au lieu d’abandonner le combat je me suis débattue et je suis revenue à la surface. Pendant plusieurs mois, tout ce que j’ai fait c’est du surplace. Mais du moins j’ai réussis à garder la tête hors de l’eau. Les mois qui ont suivi, j’ai nagé à fond, contre le courant, qui lui voulait m’emporter loin derrière. J’ai toujours continué à nager, mais aujourd’hui je n’ai plus besoin de nager autant, le courant fait un gros travail et m’emmène tous les jours plus loin. Je regarde droit devant et je vois la rive qui est devant moi. Dans quelques semaines, je serais sur la rive avec ma fille. Quand je serai éloignée de ce danger, je prendrai des bouées pour les prochaines fois que je serai en haute mer.
Véronique Fortin, maman d’Emmanuelle 4 ans et demi.